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LA
PEÑA MONTAÑESA
par
la "vire des chèvres"
Voir
aussi une PAGE DE PHOTOS
Le soubassement du versant sud-ouest de la Peña
Montañesa est constitué par une longue falaise verticale, bien visible
d'Ainsa, soutenant un plateau situé à mi-hauteur de ce versant. Cette
falaise est parcourue par deux vires (voir un encadré de la carte n° 2)
:
. l'une en haut, 50 mètres au-dessous du rebord du
plateau, large, en partie boisée, appelée (par les bergers) " feixa
(ou faja ?) toro ",
. l'autre en pleine falaise (à la jonction des
2/3 inférieurs et du 1/3 supérieur), étroite (5 à 10 mètres
environ), dite " vire des chèvres ", repérable d'en bas sous la
forme d'un fin liseré vert, parallèle à son bord supéreur (voir la photo,
avec calque, ci-dessous) (attention ! il y a maintenant,
depuis septembre 2009, un risque de confusion :voir la note 2).
C'est cette dernière vire, impressionnante et spectaculaire,
d'où on " plane " au-dessus de la large vallée du rio Cinca, qui mérite
le plus d'être parcourue, en tant que variante de la voie normale de la
Peña Montañesa. Par ses dimensions elle est comparable à la " faja de
las florès " dans le canyon d'Ordesa.
La vire supérieure, la" feixa toro ", peut être
parcourue au retour.
Versant sud-ouest de la Peña Montañesa et de la Sierra Ferrera,
vues d'Ainsa, avec un calque situant les deux vires dans la longue falaise
qui forme son soubassement et qui est entaillée par deux couloirs, l'un
étroit, l'autre large (le " Canal Mayor ", à gauche), séparés
par un gros pilier,"El Pilar del Sobrarbe"
(un site espagnol, inazio,
contient, dans la rubrique "Excursiones", un topo sur la "Faja
Toro-Peña. Montañesa", avec un
croquis de la région,
des
indications sur le "Canal Mayor",
et de belles photos, notamment de ce pilier, ainsi que des topos sur d'autres
vires, "Faja de las flores" à Ordesa et" Faja de
la Pardina" à Añisclo).
Accés
routier ( voir les cartes n° 1 et 2) :
A partir de la sortie 16 de l'autoroute on gagne, par
la départementale 929, Arreau, St-Lary, le tunnel Aragnouet-Bielsa, Bielsa,
et Lafortunada. A 9 kms environ de ce village on quitte à gauche la route
internationale pour suivre les pancartes jalonnant la route du monastère
de San Victorian.

Carte
n° 1, situant la Peña Montañesa dans les Pyrénées centrales, et précisant
son accés routier.
Cette
route traverse d'abord Laspuña (qu'on voit sur la hauteur, en rive
gauche du rio Cinca). A 2 kms de Laspuña, à l'entrée de El Casal
on tourne à droite pour prendre la route du monastère qui passe par Torrelisa,
Los Molinos (brusque virage à gauche) et Oncins.
1,5 kms après ce hameau, à 500 mètres du monastère,
un peu avant une petite chapelle, on arrive au départ du sentier de
la Peña Montañesa, à gauche de la route, encadré par deux panneaux
d'information (on est là à 1100 m. d'altitude, et à 125 kms de l'autoroute,
soit 240 de Toulouse).

Carte
n° 2, de la Péña Montañesa et de ses
abords.
A
cet endroit, on trouve juste au-dessous de la route un petit parking,
à côté d'un cimetière et au-dessus d'un bois, et d'un pré, où il n'est
pas interdit de camper. On peut se ravitailler en eau à côté de la chapelle
(voir le dessin encadré de jaune associé à la carte n° 2).
Dénivelé
:
Environ 1250 mètres. Mais pour évaluer la durée
de la course il faut aussi tenir compte de quelques 4 ou 5 kms de parcours
plus ou moins horizontal.
Difficulté :
Pas de difficulté notable pour la vire des chèvres si on
ne se laisse pas impressionner par son aspect, lorsqu'on la voit de loin,
ou par la proximité du vide lorsqu'on y est dessus.
Pour y accéder il faut descendre par un couloir raide, mais
sécurisé par les buis, denses, qui l'encombrent.
Le parcours de la " feixa toro ", sur un sentier, ne présente
aucune difficulté.
Cartogaphie :
- carte Alpina-GeoEstel-CNIG : la feuille Cotiella-Peña
Montañesa, au 1/25000 ;
- carte des éditions Rando Aneto-Posets (n° 23) au
1/50000 ;
- carte Pirineo, la feuille Bielsa-Bal de Chistau,
au 1/40000.
Itinéraire
:
Pour gravir la Peña Montañesa en passant par la vire des
chèvres il faut d'abord emprunter le sentier de la voie normale qui part
de la route du monastère entre les deux panneaux signalés plus haut.
Il franchit la rigole qui autrefois alimentait en
eau le monastère, maintenant occupée par un gros tuyau, puis atteint un
collet entre une petite éminence qui se détache du versant sud-ouest de
la sierra Ferrera.
De ce collet on voit bien la pente qui mène au plateau intermédiaire
que soutient à gauche la grande falaise : elle est traversée par deux
barres rocheuses, l'une ondule obliquement dans la partie basse de
la pente, l'autre est tout en haut, petite, longue et horizontale. Pour
accéder à la vire des chèvres il va falloir quitter le sentier à peu prés
à mi-hauteur entre les deux barres, en tout cas nettement au-dessous de
celle du haut.
Il existe peut-être d'autres accès plus commodes, plus bas.
Le sentier traverse d'abord, en forêt, un large thalweg,
puis attaque la montée à droite de la barre du bas.
Il n'y a pas de repère évident pour trouver l'endroit
où il faut le quitter vers la gauche pour gagner par une traversée horizontale
le bord de la falaise et le couloir par lequel on descend sur la vire.
Cet endroit se trouve nettement au-dessus d'un pin isolé qu'on
aperçoit en haut et à gauche au bord de la barre, et au-dessus de la limite
supérieure de la forêt après laquelle on ne trouve plus que des buis épars
(dont certains d'ailleurs ont manifestement brûlé dans le passé). A hauteur
d'une large zone dépourvue de végétation qu'on voit en haut et à gauche,
il est signalé par un gros cairn, mais celui-ci est à environ une
trentaine de mètres du sentier, d'où on peut ne pas le voir. Finalement
le plus sûr est d'être équipé d'un altimètre et de savoir que ce point
est à l'altitude de 1500 mètres (voir le croquis ci-dessous)
(note 2).
Croquis
permettant de repérer le couloir d'accés à la vire des chèvres,
à partir du sentier de la voie normale de la Peña Montañesa un détail
permet de l'identifier, ce qui n'est pas facile, quand on regarde la falaise
de loin : dans la paroi rocheuse qui forme la rive droite de sa partie
supérieure on aperçoit deux traits noirs verticaux parallèles, sous un
surplomb).
On
arrive ainsi au bord de la falaise où on trouve, à hauteur de l'extrémité
de la grosse barre du bas, un éperon qui s'avance au-dessus de
la vallée et dont le sommet est flanqué, à gauche, d'un pin isolé.
Le couloir d'accès à la vire des chèvres descend juste à droite de cet
éperon. Son entrée est barrée par une murette (altitude : 1530
m.), destinée sans doute à empêcher le bétail d'y descendre (voir la
photo n° 1).

Photo
n°1, montrant l'éperon à droite
duquel descend le couloir d'accès à la vire des chèvres. Son sommet
est flanqué, à gauche, d'un pin isolé. En bas et à gauche de la
photo, on voit la petite murette qui barre l'entrée du couloir.
Juste à droite de l'éperon, on aperçoit le hameau d'Oncins.
La
pente de ce couloir, large et haut d'un peu plus de 100 mètres,
est raide, mais il est encombré de buis denses qui y sécurisent
et même freinent la progression. Il faut descendre, de préférence sur
sa rive droite, jusqu'à un pierrier, visible d'en haut, à hauteur
duquel le couloir bute sur un autre éperon (voir la photo n° 2),
plus petit, marqué par un cairn (altitude : 1415 mètres), d'où
on découvre la vire.

Photo n° 2,
montrant le couloir (en haut et à gauche) d'accès à la vire, vu de l'éperon
qui est à sa base, marqué d'un cairn (à droite du sac posé à terre).
La
partie initiale de celle-ci, à laquelle on accède en descendant du petit
éperon de quelques mètres, est une rampe en forte pente,
relativement large, occupée par deux pierriers allongés successifs
et des bosquets de buis. Des cairns y guident le cheminement.
La vire devient ensuite plus étroite : sa largeur est en moyenne
de 5 mètres. Sa pente s'atténuant progressivement, elle finit par devenir
horizontale. Elle est modérément inclinée vers le vide mais pourvue
d'un vague sentier à travers sa végétation constituée par des coussins
de genêt très épineux (note 1) et de rares bosquets de buis
parfois difficiles à traverser.
Environné par le vol des vautours, au pied d'une falaise verticale
et au bord d'une autre, on survole ainsi pendant plus d'une heure la large
vallée du rio Cinca et, en aval d'Ainsa, le lac de Mediano.
Vers la fin du parcours la vire creuse un couloir encaissé
dont le thalweg, encombré par des rochers et des arbres fauchés par des
avalanches, est un peu délicat à traverser (ce couloir, raide, peut à
la rigueur être remonté, moyennant un peu d'escalade, jusqu'à l'autre
vire, la " feixa toro ", 100 mètres plus haut, à un endroit occupé par
un bâtiment ruiné).
Peu après la traversée de ce couloir la vire des chèvres contourne
le pilier "El Pilar del Sobrarbe" puis se perd dans les pentes
de la rive gauche du grand couloir vertical qui entaille profondément
la falaise (le " Canal Mayor " ; on la voit reprendre, plus haut, sur
la rive droite du couloir : on peut, paraît-il, continuer à la suivre
au-delà, plus loin dans la falaise).
Par un sentier qui prolonge la vire, on monte progressivement vers
le fond du couloir où la pente devient plus forte et le sentier moins
évident. On atteint ainsi dans son thalweg un petit couloir rocheux
qu'on remonte par une escalade facile pour accéder aux pentes, encombrées
de pierriers puis rocheuses, par lesquelles on arrive sans autre difficulté
au sommet de la Peña Montañesa (2291 m.).
Descente
:
On reprend le sentier de la voie normale.
Arrivé à hauteur du plateau intermédiaire on peut soit continuer
de suivre ce sentier à travers le plateau, soit, de préférence, continuer
de descendre d'une cinquantaine de mètres pour s'engager, au niveau d'un
pierrier, à l'altitude de 1850 mètres, sur la vire dite " feixa (ou
faja ?) toro ", au pied de la petite mais longue falaise qui soutient
le plateau (une photo
du site de Philippe Queinnec situe bien cette vire, en bas à gauche
du cliché, par rapport au plateau intermédiaire et au sommet
de la Peña Montañesa).
Cette vire est large d'une cinquantaine de mètres, grossièrement
horizontale, faiblement inclinée vers le vide de la grande falaise. Elle
est en partie boisée et la végétation, traversés par un sentier, y est
par ailleurs faite , là aussi, de coussins de genêt très épineux et de
buis épars.
La petite mais longue falaise qui la domine décrit deux arcs allongés.
Au milieu du premier on trouve à sa base les ruines d'une ancienne
cabane, dans l'axe du petit couloir qui descend vers la vire des chèvres,
vire qu'on aperçoit à l'endroit où elle sort de ce couloir (voir les
photos n° 3 et 8). Dans le second la falaise forme un auvent.

Photo n° 3,
montrant le bâtiment ruiné qu'on trouve sur la feixa toro.
Longue d'environ 1 km, la vire débouche, à 1800 mètres d'altitude,
sur la grande pente qui descend du plateau, un peu au-dessus de l'extrémité
de la petite falaise qui barre le haut de cette pente. On retrouve là
le sentier de la voie normale qui franchit peu après cette barre, puis
la longe à travers des buis et des prés jusqu'à une petite chute d'eau
qui tombe goutte à goutte de la barre rocheuse.
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de page
NOTES
:
1. Ou
genêt hérrisé,
ou encore "coussins de belle-mère" ; en latin : Genista
horrida ; en aragonais : erizon.
2. L'auteur
de ce topo (Pierre Carrière : pierre.carriere2@orange.fr ) appelle
cette vire "vire des chèvres" depuis qu"il a vu
en 1990, dans le livre "Sierras du Haut Aragon", de Jean-Paul
Pontroué (édition Bihet, 1989) un dessin où elle
est désignée comme étant la "faja de las cabras".
Mais un pyrénéiste vient (en septembre 2009) de lui signaler
qu'un balisage de cet itinéraire, à la peinture rouge,
a été récemment mis en place, à partir de
la cote 1500, et donne à cette vire le nom de "FEIXA TORO",
attribué dans ce topo à la large vire supérieure.
D'où un risque de confusion (et le problème de savoir quel
nom doit être donné à cette dernière).
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